Il était seul, un naufragé à la dérive sur un radeau, en proie aux courants indomptables.

Cela faisait des décennies qu'il sentait que le fluide vital, la faculté d'exister, la vie en somme et peut etre aussi la volonté de contiuer à vivre sécoulaient de lui lentement mais sans discontinuer comme les tous petits grains se pressaient et défilaient un par un, sans hâte et sans relache, devant l'orifice étroit d'un sablier.
A certains moments d'activité intense, de grande attention , ce sentiment d'abandon continuel disparaissait pour se présenter de nouveau impassible à la moindre occasion de silence et d'introspection, comme un bourdonnement constant à l'oreille, le battement d'une horloge s'imposent quand tout le reste se tait; nous donnant alors la certitude qu'ils ont toujours été là, vigilants, même quand on ne les entendait pas.
A tous les autres moments il lui suffisait d'un minimum d'attention pour percevoir le bruissement des grains de sable légers qui glissaient, des instants de temps qui s'évadaient de sa vie et le quittaient à jamais.


"Arrivée face à lui , elle souleva sa voilette et ainsi, pudique mais prête a être pssédée, elle lui apparue plus belle qu'il ne l'avait jamais vue dans les espaces stellaires.
Le fracas de la mer se calma tout à fait"
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# Posté le samedi 13 juin 2009 09:36

.Elle avait trop d'orgueil et trop d'ambition pour être capable de cette annulation de la personnalité sans laquelle il n'y a pas d'amour

"Ils passaient tous les deux ainsi les journées en vagabondages rêveurs,
Ils découvraient des enfers que l'amour rachettait ensuite et des paradis négligés que ce même amour profanait plus tard.
Le danger de faire cesser le jeu pour en empocher aussitôt la mise devenait aigu et urgent pour eux.
A la fin, ils ne cherchaient plus, mais s'en allaient absorbés dans les pièces les plus reculées, celles d'où aucun cri ne parviendrait à personne; mais il n'y aurait pas de cris, rien que des invocations et des sanglots bas."

Le Guépard
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# Posté le samedi 13 juin 2009 09:11

No me recuerdo...

No me recuerdo...
C'est si loin tout ça tu sais,
Pardonne moi mais,
Je ne me souviens pas.
Ma mémoire est morte, elle aussi,
Aux frontières de nos vies,
J'ai espéré ralentir la chute du temps,
Et les souvenirs dans le vent,
Disparus et au fond c'est tant mieux,
Refermé ce qui nous rendait fous,
Disons qu'un jour on sera deux,
A tout laisser; quitter, tout,
Ne plus être personne ici bas,
Pour être quelqu'un dans l'haut delà,
Mais c'est si loin tout ça tu sais,
Pardonne moi mais,
Quand la souffrance nous rattrape,
Il arrive que l'on dérape,
Moi je ne veux plus me retourner,
Tu entend? Comprend
Jamais.
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# Posté le jeudi 11 juin 2009 15:06

Para las estrellas

Soutenus, guidés, semblait-il, par les nombres, invisible à cette heure là, mais présents, les astres rayaient l'éther de leur trajectoires exactes.
Fidèles au rendez-vous, les comètes s'étaient habituées à se présenter ponctuellement et absolument à la seconde, devant celui qui les observait.
Et elles n'étaient pas messagères de catastrophes, leur apparition prévue était au contraire le triomphe de la raison humaine qui se projetait et prenait part à la normalité sublime des cieux.
Elles étaient lointaines, toutes puissantes, et en même temps si dociles à ses calculs; exectement le contraire des hommes, toujours trop proches, faibles et pourtant si rebelles.
(...)

A la hauteur de cet observatoire, les fanfaronnades de l'un, l'aspect sanglant de l'autre se fondent en une tranquille harmonie.
Le vrai problème, l'unique, est de pouvoir continuer à vivre cette vie de l'esprit dans ses moments les plus abstraits, les plus ressemblants à la mort;
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# Posté le jeudi 11 juin 2009 14:58

Modifié le samedi 13 juin 2009 09:16

On ne vit pas monsieur, non, on ne vit pas. Et ça, c'est juste une lettre.

On ne vit pas monsieur, non, on ne vit pas. Et ça, c'est juste une lettre.
Je t'écris cette lettre pour te dire ce que je n'ai jamais dis.
Pour t'écrire ce tourment qui me ronge de jour en jour
Qui se mèle au soleil, à la pluie aussi,
Et nous détruira tour a tour.
Je t'écris et surtout pour te dire que j'ai peur,
De l'inconnu,
Et de nos heures,
Perdues,
A rien faire
J'ai peur de tout de rien,
D'aujourd'hui, de demain,
Je ne suis sure que de mes plaies,
Ta signature en quelque sorte,
Celle qu'on ne peut plus effacer,
Malgrè l'attention qu'on lui porte.
Mais j'ai perdu les mots,
Destinés à te dire,
Oublie donc ces propos,
M'exprimer c'est souffrir,
J'ai simplement voulu essayer,
Pour t'écrire ce tourment qui me revient parfois,
Et me poursuit par, ci par la,
Je técris ce tourment
Qui un jour, vraiment, s'il ne me quitte pas,
Me tuera.
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# Posté le mardi 09 juin 2009 15:19

Modifié le jeudi 11 juin 2009 14:59